Dans les années 80, un psychosociologue du travail allemand, le Professeur
Heinz Leymann, émet l'hypothèse que des personnes présentées comme
"difficiles" sont en fait les victimes d'un processus de destruction
et non pas la cause de tensions qui règnent sur leur lieu de travail. Ce
professeur va mener un travail de recherche en Suède auprès de centaines de
patient-e-s et publiera dans les années 90 ses premiers travaux. C'est alors
qu'apparaîtra le terme de "mobbing" (de l'anglais "to
mob": attaquer, houspiller, malmener, assiéger). M. Leymann, à travers
ses travaux, donne une définition pragmatique du phénomène:
"il
s'agit de la répétition de un ou de plusieurs agissements hostiles au moins
une fois par semaine pendant au moins six mois". C'est à cette période
que la Suède, se fondant sur les travaux de M. Leymann, promulgue une loi
faisant du mobbing une maladie professionnelle. La traduction française du
terme "mobbing" est "harcèlement (ou terreur)
psychologique".
Le bureau de l'égalité,
à Lausanne , définit le mobbing comme
une
situation de communication non éthique caractérisée par la répétition, sur
une longue durée, de la part d'une ou de plusieurs personnes, d'agissements
hostiles dirigés systématiquement contre un individu qui développe, en réaction,
de graves problèmes physiques ou psychologiques.
Dans le cas d'une infirmière travaillant dans un hôpital québécois, une
avocate spécialiste en droit du travail a apporté les éléments suivants.
Le
harcèlement professionnel peut se manifester lorsqu'une personne en autorité
insinue, sous-entend, intimide ou menace, dans le seul but de dominer, de contrôler.
Il en est de même de la personne en autorité qui s'acharne à pointer les
faiblesses d'une personne subalterne aux seules fins de l'humilier ou de la
diminuer.
Cette autre définition, qui tente de résumer les autres, provient d'un
site
français consacré à ce problème.
Le
harcèlement professionnel est un comportement fautif répété dont le caractère
vexatoire, humiliant ou attentatoire à la dignité perturbe l’exécution du
travail de la personne qui en est victime.
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Le mobbing naît de façon anodine et se propage insidieusement. Les personnes
concernées ne veulent pas se formaliser et prennent à la légère les premières
piques ou brimades. Or ces attaques ont tôt fait de se multiplier et les
victimes, déconsidérées au point de ne plus être reconnues comme des
personnes à part entière, se voient dégradées et perdent tout semblant
d'assurance. Les collègues de travail commencent à tenir leurs distances et
omettent de communiquer certaines informations, le bouc émissaire est alors
une proie facile.
Tout comme les collègues, les supérieurs sont parfois également impliqués
dans le mobbing. Et il n'est pas rare qu'ils ignorent délibérément ce phénomène,
étouffant les choses au lieu de réagir avec fermeté.
Le mobbing touche indifféremment les hommes et les femmes, le risque étant
cependant un peu plus élevé chez ces dernières aux dires des spécialistes.
Les victimes se comptent aussi dans toutes les classes d'âge, indépendamment
de leur état civil, de leur apparence physique, de leur formation et de leur
fonction professionnelle.
Le Professeur H. Leymann a décrit
45
agissements constitutifs du mobbing. Ils se regroupent dans 5 domaines
distincts:
- Empêcher la victime de s'exprimer
- Isoler la victime
- Déconsidérer la victime auprès de ses collègues
- Discréditer la victime dans son travail
- Compromettre la santé de la victime
Le mobbing a des effets sur la santé physique et mentale des salariés.
Troubles psychosomatiques, insomnies et maux de tête sont fréquents, les
personnes les plus sensibles étant même exposées aux dépressions, aux
angoisses, voire au suicide.
Se poser la question, c'est déjà y répondre à moitié. Mais, pour vous que
vous soyez sûr de vous-même, avant d'entreprendre des démarches pour
obtenir réparation, nous vous conseillons de prendre un petit de temps pour répondre
à ce
questionnaire
interactif trouvé sur internet. Consultez également la
liste
des 45 agissements décrits par le professeur H. Leymann. Cela vous
permettra de vous faire une idée plus précise sur le harcèlement dont vous
pensez être victime. Les problèmes d'harcèlement sexuel ne sont pas évoqués
dans le questionnaire interactif, mais ils sont mentionnés dans la liste.
Dans certains cas, les deux situations peuvent se rencontrer, ce qui augmente
bien sûr la gravité du problème.
Il y a harcèlement sexuel lorsqu’une personne dit ou fait des choses
importunes à caractère sexuel qui vous dérangent. Par exemple, lorsqu’une
personne :
- fait des remarques à connotation sexuelle;
- vous touche;
- fait des plaisanteries sur les femmes ou sur les hommes;
- vous fait des avances ou des suggestions d’ordre sexuel;
- regarde votre corps avec insistance ou fait des commentaires importuns
à son sujet;
- expose des images de personnes nues ou écrit des insultes sur les murs
concernant les hommes ou les femmes.
Réagir! Et en parler à une personne de confiance.
S'opposer à un pervers est loin d'être simple. Il faut d'abord commencer par
détecter la personnalité du pervers.
Les pervers ont des caractéristiques communes comme celle d'être très
satisfaits d'eux-mêmes et de se remettre très difficilement en cause.
Il existe aussi des caractéristiques communes à un type de harcèlement. Un
pervers qui veut harceler un collègue a intérêt à être quelqu'un de séducteur
et de savoir manipuler les autres car le harcèlement aura lieu par effet de
groupe. Cette "qualité" est inutile pour un chef souhaitant
harceler un subordonné car le pouvoir hiérarchique remplace l'effet de
groupe.
Un des parades consiste à fuir la personne toxique (autre nom du pervers).
Cela peut effectivement être une solution dont l'efficacité dépend des
circonstances. Si vous démissionnez de votre travail parce que votre patron
ou des collègues vous mènent la vie dure, vous aurez effectivement un
changement immédiat. Petit détail qui a son importance, la démission vous
laissera sans emploi et sans indemnités. C'est une solution qui ne peut donc
être adoptée que si vous avez une qualification pointue et un âge pas trop
avancé qui vous permettra de retrouver un autre emploi aussitôt. De plus,
les toxiques sont une catégorie répandue et le risque existe donc pour que
la même situation se reproduise dans votre nouvelle entreprise.
Une autre parade consiste à vous défendre contre les insinuations,
plaisanteries et autres brimades dont vous faites l'objet, ceci avant que le
phénomène ne fasse tâche d'huile et que d'autres personnes, la plupart du
temps pour montrer leur intégration à un groupe ne viennent grossir les
rangs. Cette solution n'est possible, pour un premier harcèlement, que dans
les cas où vous avez le caractère à réagir, c'est à dire pour quelques
cas très restreints de harcèlement. Un cas typique est celui du chef
cherchant à se débarrasser d'un subordonné. Cette parade deviendra un moyen
naturel de défense lorsque vous aurez compris que le silence et le manque de
réactions sont interprétés comme des signes de faiblesse et comme un
encouragement à aller de plus en plus loin dans l'abjection.
Lisez
cet
excellent article paru dans un numéro de Femina qui explique très bien
la personnalité du reponsable de cet harcèlement.
Vous devez intervenir avant que cette situation vous cause des ennuis
professionnels ou de santé. Demandez un entretien avec un cadre de votre
entreprise, ou contactez
votre syndicat
qui vous soutiendra dans vos démarches.