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Lettre ouverte aux
CHAROGNARDS Pour
cette lettre, peut-être me ferais-je licencier, il y a de fortes
chances
Mais
tant pis, je vous livre ce que je pense
Je
ne suis qu'un employé, simple porteur de bagages
Homme
bafoué, qui sans ambages vous crie sa rage
15
milliards ou plus se sont envolés
De
quels privilèges exorbitants se sont-ils enrobés ?
Rassurez-vous,
les fossoyeurs de cette noble compagnie
Dépensent
leurs millions et mènent la belle vie.
Simple
formalité pour ces grosses têtes
De
nous vendre comme des bêtes
Il
y a des noms pour ces gens là : FUMISTES, FOUTRIQUETS, ARROGANTS,
MENTEURS ET CUISTRES
Nous
voilà réduits à nous pavaner pour plier ces rois
Désespoir,
tristesse et fureur sont en moi
SWISSAIR,
il y a quelques années était un symbole
Aujourd'hui,
elle nous brade pour une obole
Fini
le temps d'être exalté
Maintenant,
il faut payer
Mais
PAS MOI, NI MES COLLEGUES et AMIS
A
qui on a déjà beaucoup trop pris
Où
êtes-vous planqués, dilapidateurs de tant d'argent?
Nous
sommes fatigués de payer pour vous, nobles gens
Rendez-moi
mon IDENTITÉ, MA DIGNITÉ
Rendez-la
à tous vos employés
Voilà,
j'ai craché mon fiel, comme un combat perdu d'avance
Car
je suis sûr qu'il n'écorchera pas votre arrogance
Ce
texte a été rédigé et lu par un employé bagagiste de Swissair
Group durant le mouvement de grève qui a paralysé l'aéroport
International de Genève de 10h à 13h le samedi 15 septembre 2001
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