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Les ouvriers arrêtent le travail pour défendre leur délégué
Les travailleurs de la division bagage de la Sabena ont arrêté
spontanément le travail, ce vendredi 27 avril, suite au
licenciement, sans raison apparente, de Patrick Franceschini,
délégué au conseil d’entreprise. Un licenciement qui
annonce le prochain plan de restructuration.
Olivier Coussaert et Paul Demont
Après deux heures et demie de grève et la promesse d’un
éclaircissement sur le licenciement de Patrick Franceschini,
les travailleurs ont repris le travail. Ils exigent néanmoins
la réintégration de leur délégué si les raisons invoquées
par la direction s’avèrent insuffisantes.
Jeudi dernier, Patrick Franceschini se rendait à son lieu
de travail pour participer au conseil d’entreprise dont il
est membre. A sa grande surprise, il a été retenu plus de
trois heures par les services de sécurité de l’aéroport.
Un membre de la direction est venu en personne lui annoncer
son licenciement pour «cas de force majeure». Le patron
affirme que cette décision ne dépend pas de Sabena mais des
services de sécurité de BIAC (la société qui gère l’aéroport),
qui a interdit l’accès du tarmac au délégué. Tarmac
qu’il doit emprunter tous les jours pour aller travailler.
Etant donné qu’il s’agit d’un cas de force majeure, la
protection légale des délégués ne serait pas
d’application.
Tout indique pourtant que Sabena est bien impliqué dans ce
licenciement. En effet, Sabena et BIAC ne sont pas si indépendants
que voudrait le faire croire la direction. Tous deux ont le même
patron: l’Etat belge et donc le ministre Daems.
Le lendemain, La Dernière Heure publiait un article
haineux à propos «d’un licenciement qualifié de régulier
par la direction». «Il apparaît de sources concordantes que
l’ouvrier était un agitateur licencié par Sabena»,
peut-on lire dans le quotidien. Nulle part, l’article ne
mentionne que «l’agitateur» est un délégué élu par les
travailleurs sur les listes de la CMB (Centrale de
l’industrie Métallurgique de Belgique). Aux dernières élections
sociales, Franceschini a obtenu le troisième meilleur score
au niveau des ouvriers, tous syndicats confondus.
Le jour même du licenciement, Daems annonçait la mise sur
pied d’un nouveau conseil d’administration avec, à sa tête,
Chaffart, présenté comme un homme sachant prendre des décisions
difficiles. Cela s’avère d’autant plus nécessaire que
fin mai, la direction va annoncer une nouveau plan de
restructuration. Le licenciement de Franceschini est un
premier pas vers ce plan.
Quelle lutte les travailleurs peuvent-ils mener si les délégués
qu’ils ont élus sont licenciés sans explication? En
invoquant le «cas de force majeure», la direction se réserve
le droit de liquider n’importe quel militant syndical actif.
Patrick Franceschini est en outre un des treize inculpés du
procès Clabecq. Autre élément qui montre que ce
licenciement est avant tout une attaque contre le syndicat de
combat.
- Vous pouvez envoyer vos messages de soutien à Patrick
Franceschini.
Par e-mail: franceschini.p@infonie.be.
Ou via la CMB: 02/627.74.90 (fax national); 02/251.73.74
(fax régional Nord-Brabant).
Ou encore via la Régionale FGTB de Bruxelles, fax:
O2/511.48.82.
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