Un rassemblement d'employées
et d'employés mécontents a créé une association en
novembre 2001 en vue de faire respecter l'article 333 du Code
des obligations (CO) à la nouvelle compagnie d'aviation
Swiss. Après plus de six mois d'attente, et avec stupeur,
nous avons pris connaissance de la décision de la Chambre des
relations collectives de travail de débouter cette nouvelle
association. Les juges n'ont même pas pris la peine de se
prononcer sur le fond; ils ont juste nié à cette association
le droit de représenter le personnel.
Rémy Pagani, secrétaire SSP - Région Genève
Cent nonante personnes, toutes
membres des différentes filiales du moribond SAirGroup,
avaient adhéré à l'association. Les juges n'ont pas admis
la représentativité des quelques 14 personnes travaillant
actuellement à Genève au sein de la compagnie Swiss. Ils
n'ont pas admis que ces personnes, parmi les 80 qui sont
employées à la réservation des billets, s'organisent et
défendent leur droits.
La loi s'applique à tous
Ainsi, la Chambre des relations
collectives de travail ne s'est absolument pas prononcée sur
le fond de la plainte déposée, à savoir, la violation de
l'article 333 du code des obligations (CO) qui impose aux
entreprises repreneuses (soit Crossair, devenue Swiss, en
l'occurence) de respecter les anciennes conditions de travail
et notamment de respecter les conventions collectives de
travail en vigueur au moment du transfert, et ce, pendant une
durée d'une année.
La Chambre des relations collectives de travail a donc
habilement évité de se prononcer sur la violation de
l'article 333 du CO, en invoquant, pour motif le nombre
insuffisant de membres de l'association touchés par les
conditions de travail chez Swiss.
Dans un communiqué de presse
qui a suivi cette décision, les membres de la nouvelle
association ont amèrement constaté que, dès lors que les
intérêts de la nouvelle compagnie suisse et ceux de la
Confédération sont touchés, les lois les plus
élémentaires ne sont plus les mêmes pour tous.
Un recours est envisagé au
Tribunal fédéral qui n'a, entre nous soit dit, vu la
composition du TF, pas de grandes chances de succès, dans la
mesures où, même si les juges fédéraux revenaient sur la
recevabilité du recours (ce qui est peu probable), il
faudrait encore des mois, voir des année, avant que la
Chambre des relations collectives de travail de Genève se
prononce sur le fond.
Un espoir du côté du
Tribunal des prud'hommes
Dès lors, il nous appartient
de déposer, devant le Tribunal des prud'hommes, des dossiers
individuels pour faire trancher ce litige, tant pour les
préretraités, jetés à la rue, que pour le personnel qui
travaille actuellement pour Swiss.
En ce qui concerne les
préretraités, nous sommes depuis six mois devant le Tribunal
des prud'hommes genevois et espérons bien voir celui-ci
confirmer la reprise des sociétés filiales par les
différents repreneurs et ainsi voir enfin appliqué l'article
333 du CO. Confirmant par la même notre point de vue
juridique qui consiste à affirmer que la reprise de
l'activité des filiales de SAirGroup par une autre entité
d'appliquer, en tous les cas durant une année, les
conventions collectives qui ont été négociées au
préalable,en respectant ainsi l'article 333 du CO et ce, y
compris pour les filiales en sursis concordataires.
La procédure juridique et
individuelle est peu plus délicate en ce qui concerne le
personnel en activité aujourd'hui chez Swiss. Pourtant,nous
ne désespérons pas de dénicher des employées ou des
employés ayant quitté Swiss après y avoir travaillé
quelques temps et qui auraient le courage d'introduire une
réclamation devant les prud'hommes pour les arriérés de
salaires qui leur sont dus, selon ce fameux article 333 du CO.
Affaire à suivre donc.Ce
d'autant plus que, comme prévu, les nuages s'amoncellent sur
la nouvelle commpagnie d'aviation Swiss. Il n'est pas une
semaine où ne resurgit un évènement qui ternit, toujours un
peu plus, l'image de cette compagnie. Ici, c'est un pilote de
Crossair qui pilotait sa machine sous l'influence probable de
médicament, et qui s'est écrasée avec ses 10 passagers.
Là, plus de 230 départs sont annulés pour des raisons
techniques. Sans oublier le conflit qui oppose les pilotes de
l'ex-Crossair à la Direction de Swiss. Ces pilotes ayant fait
constater par un tribunal que la convention collective qu'on
voulait leur imposer était discriminatoire à leur égard.
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