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MICHEL SCHWERI
LICENCIEMENTS - Suite à l'échec des négociations sur la
convention collective, la direction de Gate gourmet veut
imposer des contrats individuels de travail à sa sauce.
«Si vous n'acceptez pas ce contrat individuel, ni les
conditions annexes, les rapports de service seraient alors
considérés comme résiliés à la date susmentionnée.»
Cette menace sort tout droit d'une lettre-type que la
direction de Gate gourmet destine à l'ensemble de ses quelque
cent cinquante employés à Genève. Elle fait suite à l'échec
de la séance de négociation autour du renouvellement de la
convention collective de travail tenue vendredi 12 décembre,
au lendemain d'un débrayage d'avertissement des salariés de
cette entreprise de catering (lire Le Courrier du 12 décembre).
En jargon juridique, une telle lettre se nomme un «congé-modification».
Et place chaque employé devant l'impossible alternative de
signer une dégradation de son contrat de travail ou de la
refuser en se mettant soi-même à la porte. Les dernières
phrases de la missive sont d'ailleurs claires: «Le cas échéant,
nous vous prions de bien vouloir transmettre votre refus par
écrit au service du personnel.» Et «sans nouvelles de votre
part, nous considérerons que vous acceptez les conditions».
La marge de manoeuvre des employés est donc des plus minces.
Ce «coup de force inadmissible» fait hurler Rémy Pagani,
secrétaire du groupe trafic aérien du Syndicat des services
publics. Pour y répliquer, la délégation syndicale a décidé,
hier après-midi, d'organiser une assemblée du personnel de
Gate gourmet devant l'entreprise pour ce matin à 10h, soit
durant l'horaire de travail.
COLÈRE SALARIÉE
Le litige provient de la volonté patronale de réduire les
charges de personnel afin de faire face à la concurrence dans
la restauration aéronautique, exacerbée par la crise générale
qui prévaut dans ce secteur. Un premier plan d'économie prévoyait
une baisse de 13% des frais salariaux globaux, ramenée
ensuite à 6%, mais toujours refusée par les employés. Au
cours de la dernière séance de discussion, les concessions
patronales ont encore réduit l'économie à 4%, relate le
syndicaliste. Insuffisamment en tout cas pour emporter l'adhésion
du personnel.
La lettre-type écrite par la direction de Gate gourmet détaille
les mesures exigées. Le barème salarial de l'entreprise en
vigueur à Zurich serait étendu à Genève, l'horaire
hebdomadaire passerait de 41 à 42 heures, la pause payée
durant les jours fériés serait abolie, la subvention des
repas pris par les employés sur le lieu de travail serait
supprimée, la valeur des «points» acquis pour le travail
nocturne et du dimanche passerait de 7,50 francs à 6 francs
(au lieu de 5 francs dans la proposition initiale), enfin, la
couverture de la retraite par le deuxième pilier et celle des
absences maladie par l'assurance perte de gain seraient toutes
deux quelque peu rabotées.
L'ensemble de ces demandes a été formellement repoussé par
les salariés. Ils auraient d'ailleurs plutôt tendance à
revendiquer une hausse salariale pour 2004, afin de compenser
le renchérissement et le retard de revalorisation salariale
pris ces dernières années. Réuni en assemblée durant le débrayage
du 11 décembre, le personnel a même déposé un préavis de
grève illimitée pour le 5 janvier 2004 si aucune convention
collective n'était signée d'ici là. A cette date, il sera
en effet libéré de la paix du travail.
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